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Publication immédiate : Le mardi 17 avril 2007


Le plan du gouvernement prévoit l'augmentation des émissions de GES
La lutte aux changements climatiques est encore abordable

(Ottawa) Les émissions de gaz à effet de serre (GES) du Canada continueront d'augmenter pendant plusieurs années et resteront bien au-dessus des objectifs de Kyoto au-delà de 2020, si les plans du gouvernement, dont la Presse Canadienne a obtenu copie et que le Réseau action climat Canada/ Climate Action Network Canada (CAN-RAC) a pu étudier, étaient mis en œuvre.

L'organisation s'attend à ce que le gouvernement fédéral soutienne, afin de défendre sa proposition de nouvelles cibles nationales de GES, que ses prévisions l'amènent à croire que le respect des obligations du Canada en vertu du Protocole de Kyoto entraîneraient des coûts trop importants. Non seulement le gouvernement n'écoute pas les Canadiens, mais ses prévisions ne sont basées ni sur l'expérience réelle à l'échelle mondiale, ni sur une méthode précise de prévision des coûts. L'investissement nécessaire au respect des objectifs de Kyoto est relativement modeste dans le contexte de l'économie canadienne.

« Les Canadiens veulent que le Canada respecte ses obligations légales conformément au Protocole de Kyoto. Ce dernier document n'est qu'un discours compliqué pour faire oublier que le gouvernement tourne le dos à l'environnement. Nous demandons un Plan Kyoto, rien d'autre ne fera l'affaire», affirme John Bennett, porte-parole de ClimateforChange.

Le plan divulgué permettrait aux émissions de GES de croître jusqu'en 2012, émissions qui diminueraient par la suite pour se situer à 20 % sous le niveau actuel (2006) en 2020 - ce qui est plus de 10 % au-dessus de l'objectif que le Canada se doit d'atteindre pour la période 2008-2012 selon le Protocole de Kyoto. Le plan échoue aussi à fournir une explication convaincante sur la façon dont les mesures qu'il contient assureraient que ces objectifs extrêmement faibles seront réellement atteints. Le gouvernement a toujours l'intention de fixer des cibles « d'intensité » pour les émissions industrielles, même si ce type de cibles permet aux émissions réelles de continuer à augmenter. De plus, le plan donne un aperçu des grandes échappatoires qui permettraient à l'industrie de prétendre que ses cibles sont atteintes sans réduire ses émissions dans la période cible.

Il existe des exemples bien documentés que les prévisions de coûts faites par l'industrie et les gouvernements dans le passé étaient énormément surestimées par rapport aux coûts réels qu'ont entraînés les nouvelles exigences environnementales. En voici quelques-uns :

  • La réduction des émissions à l'origine des pluies acides s'est révélée être un investissement profitable pour les compagnies comme INCO.

  • Le Protocole de Montréal sur l'élimination des chlorofluorocarbures (CFC), le traité international qui a servi de modèle au Protocole de Kyoto, a été accueilli en 1987 par des prédictions de catastrophe économique. La compagnie Dupont a éliminé la production de CFC, a trouvé des alternatives avantageuses et est maintenant une des compagnies d'avant-garde dans les réductions de GES.

Le National Resources Defense Council a effectué une comparaison entre les dépenses prévues par l'industrie pour réduire les émissions des voitures pendant les quarante dernières années et les dépenses réelles et a constaté que : « les estimations de l'industrie étaient de deux à dix fois plus élevées que les coûts réels », souligne Emilie Moorhouse de Sierra Club Canada.

Le taux de croissance de l'économie canadienne devrait être de 2,4 % par année jusqu'en 2020. Si on étend cette prévision jusqu'en 2030, cela signifie que l'économie canadienne dépassera d'environ 40 % les 1,4 trillions de dollars qu'elle représente déjà pour atteindre presque 2 trillions de dollars. Les pertes de PIB projetées, selon ces modèles basés sur la surestimation des coûts et la sous-estimation du potentiel technologique, représentent moins de 0,05 % du PIB

« Le gouvernement souhaite que les Canadiens croient que seule son approche est rentable. Mais ce n'est pas vrai. Si nous pouvons nous permettre de renoncer à 40-80 milliards de dollars (une réduction de la TPS de 1 % sur 6 ans représente 49,6 milliards de dollars), alors ils peuvent se permettre de s'attaquer aux changements climatiques », affirme Dale Marshall, analyste politique des changements climatiques à la Fondation David Suzuki.

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