Réseau action climat Canada
Au sujet du RAC Dossiers et actions Nouvelles Ressources Passer à l'action


Le 8 novembre 2005


Le premier ministre Martin rencontre les leaders environnementaux américains et canadiens sur le changement climatique


(Ottawa) – Les ONG environnementales américaines et canadiennes ont offert un message fort au premier ministre Paul Martin, aujourd’hui, à l’effet que pour réussir, la prochaine Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques doit se terminer par une décision d’amorcer les négociations sur la façon d’obtenir d’importantes réductions des émissions de gaz à effet de serre avec ou sans les États-Unis.

Les réductions mondiales de gaz à effet de serre de 60 % à 80 % par rapport aux niveaux actuels sont nécessaires d’ici 2050 si nous voulons éviter des changements climatiques dangereux.

L’engagement à long terme des États-Unis sera crucial pour le dénouement. « La majorité des Américaines et Américains souhaitent des mesures sur le réchauffement de la planète, malgré le fait que la Maison Blanche de Bush refuse de faire des progrès. Dans nos États et nos collectivités locales, nous progressons. On poursuit sur une lancée chaque jour », de dire Larry Schweiger, président et directeur général de la National Wildlife Federation.

« Nous sommes inquiets que le gouvernement jugera une entente avec les États-Unis plus importante que de conclure une entente pour négocier d’importantes coupures dans les émissions. Le monde entier jugera la réussite ou l’échec d’après le contenu, non pas d’après les pays qui auront signé l’entente », de dire John Bennett, directeur général du Réseau Action Climat-Canada.

Les leaders environnementaux américains des cinq plus importants groupes environnementaux des États-Unis, représentant des millions de membres, ont également fait pression sur le Canada pour qu’il joue un rôle plus proactif pour les aider à changer la politique américaine sur le changement climatique à l’échelle nationale. « Sur la question des pluies acides, le gouvernement canadien n’a pas hésité à parler aux Américains des préjudices pour le Canada. Nous devons faire les mêmes efforts sur les changements climatiques », de dire Hans Verolme du Fonds mondial pour la nature des États-Unis.

Le Canada sera confronté aux effets les plus graves du changement climatique. « Ce n’est pas seulement une question de demander à l’industrie d’être responsable. Cela concerne la protection des plus vulnérables, spécialement le Nord du Canada », de dire Joy Kennedy de KAIROS.

On s’attend à ce que l’administration américaine actuelle, qui rejette Kyoto, refuse d’amorcer des négociations. Le gouvernement canadien a traditionnellement joué le rôle d’intermédiaire avec les États-Unis et l’UE.

« Paul Martin peut unir des pays à Montréal pour trouver des solutions significatives au changement climatique. Les Américains attendent après le Canada pour un leadership, de dire David Doniger du Natural Resources Defense Council.

- 30 -

Information :
info@reseauactionclimat.ca



Réseau Action Climat-Canada

Monsieur le Premier ministre Martin : les négociateurs du changement climatique ont besoin de leadership


La menace du changement climatique à l’échelle mondiale exige des dirigeantes et dirigeants politiques un leadership visionnaire. Les preuves qui s’accumulent dans le Nord du Canada et dans le monde entier prouvent qu’on ne peut absolument pas accepter un échec. La planète a besoin d’un programme international visant à réduire les émissions annuelles par autant que 80 % avant la fin du présent siècle. Tous les pays doivent posséder des plans crédibles ambitieux et y participer. Kyoto n’est qu’un début.

La Conférence internationale sur les changements climatiques de Montréal constitue une occasion historique de prendre des mesures politiques. À Montréal, les leaders renouvelleront un processus entrepris lors de la Conférence sur les changements dans l’atmosphère tenue à Toronto (1988) et qui a conduit au Protocole de Kyoto sept ans plus tard. La conférence de Montréal doit déboucher sur une nouvelle entente visant de plus importantes réductions et de nouvelles formes de participation. On doit préparer la voie au progrès. On ne peut pas reculer et il ne doit y avoir aucune politique de conciliation pour les retardataires internationaux.

En tant qu’hôte et président de la Conférence de Montréal, le Canada a une rare occasion de mener le monde vers une ère post-carbone. Il faudra beaucoup de courage et de compétences diplomatiques pendant les négociations ainsi qu’une attitude irréprochable démontrée par des mesures solides prises à l’échelle nationale.

Le ministre de l’Environnement Stéphane Dion, qui présidera la conférence, a décrit correctement la nécessité de mettre en œuvre et d’améliorer l’exécution du Protocole de Kyoto et de trouver des approches innovatrices pour faire avancer la collectivité internationale. Il y arrivera si, d’ici au 10 décembre 2005, on décide à l’échelle internationale de corriger les problèmes administratifs liés au Protocole de Kyoto et d’amorcer les négociations sur un accord climatique post-2012.

Pour en arriver à une telle décision, M. Dion aura besoin de votre soutien direct en tant que premier ministre afin de convaincre les dirigeants partout dans le monde de respecter le Protocole de Kyoto tout en cherchant de nouvelles approches pour réduire les émissions.

Entreprendre les négociations avec une attitude irréprochable permettra de convaincre les Canadiennes et les Canadiens, ainsi que la communauté internationale, que le gouvernement du Canada prend ses engagements moraux et légaux relativement au Protocole de Kyoto au sérieux. La situation se complique en raison du taux de croissance incroyable de l’industrie pétrolière et gazière du Canada. Une fois qu’il sera pleinement mis en œuvre, le plan du Canada permettra d’atteindre les objectifs du Protocole de Kyoto et de les dépasser. La mise en œuvre soutenue du plan a causé des problèmes. Il faut lui donner une poussée et ce, dès maintenant.

Le monde espère que le Canada pourra assurer un plan national solide, combler les lacunes de son important système d’émission final, augmenter le nombre de programmes d’énergie renouvelable innovateurs et en accélérer la mise en œuvre.

Au cours des deux dernières années, le gouvernement du Canada a augmenté de façon importante ses engagements face à une énergie renouvelable dans le cadre des programmes Encouragement à la production d’énergie éolienne (de 1 000 MW à 4 000 MW) et le nouveau Programme d’encouragement à la production d’énergie renouvelable (1 500 MW). Mais avec 5 500 MW d’ici 2010, le Canada demeure loin derrière l’engagement relatif à l’énergie renouvelable de nombreux pays développés et même de pays en développement comme la Chine qui s’est engagée récemment à produire 20 000 MW d’énergie en vent. Si nous voulons en faire autant et créer une industrie de l’énergie renouvelable, les entreprises doivent savoir que le Canada est engagé en ce qui concerne l’énergie renouvelable à long terme.

Le Canada devrait annoncer bien avant la Conférence de Montréal qu’il étoffera son engagement de façon significative en matière d’énergie verte, d’électricité verte et de biodiésel. On devrait établir un objectif en matière d’électricité verte de 12 000 MW d’électricité renouvelable d’ici 2013 et soutenir cet objectif en offrant de meilleurs encouragements de production. Ces améliorations ne coûteraient pas plus que le programme actuel et le gouvernement n’aurait pas à verser d’argent neuf avant 2010. Pour aider les consommateurs à devenir plus autonomes sur le plan énergétique, le gouvernement devrait s’engager à produire au moins 200 MW d’alimentation à photopiles (un programme de 100 000 toits solaires) et de chauffage solaire de l’eau domestique et géothermique grâce à une subvention d’achat d’une réduction d’intérêt de 30 % du coût d’achat. Pour ce qui est du biodiésel, le Canada devrait s’associer dès maintenant à l’industrie de l’éthanol cellulosique pour construire la première usine commerciale du Canada.

Participer à la Conférence de Montréal pendant une vague de mesures positives à l’échelle nationale permettra d’en assurer le succès et le Canada sera considéré par la communauté internationale comme un pays où les leaders tiennent parole.


Accueil
Contactez-nous
English site