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Publication immédiate : Le 10 décembre
Le Canada entrave les négociations internationales sur le climat
Poznan, Pologne - Au moment même où la communauté internationale se met à croire à un nouveau leadership nord-américain, le Canada appuie résolument sur les freins et entrave l’avancement des négociations cette semaine à Poznan, à la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques.
« C’est tellement dommage », soutient Dale Marshall, de la Fondation David Suzuki. « Les Canadiens veulent voir une action déterminée sur les changements climatiques, d’autant plus que les plus grands décideurs de la planète affirment qu’il est possible de s’occuper à la fois de l’environnement et de l’économie. Nous avons maintenant le Président-élu Obama qui clame “Oui, nous le pouvons“ et le Canada répond “Non, nous ne le ferons pas“ ».
Le Canada peut faire sa juste part pour empêcher une crise climatique. La semaine dernière, la Fondation David Suzuki et l’Institut Pembina ont rendu publique une étude démontrant que le Canada peut réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 25% sous leurs niveaux de 1990 d’ici 2020, tout en maintenant une économie forte et en soutenant la création d’emplois. « Le Canada utilise le ralentissement économique mondial pour justifier ses faibles objectifs de réduction basés sur l’intensité des émissions, plutôt que les solides objectifs recommandés par la communauté scientifique mondiale afin d’éviter des changements climatiques dangereux pour l’humanité », a déclaré pour sa part Steven Guilbeault, d’Équiterre.
Jusqu’à maintenant, les États-Unis ont joué un rôle de blocage dans le cadre des négociations climatiques, l’Administration Bush se refusant à discipliner la plus importante et la plus polluante économie du monde. Cette position est appelée à changer avec l’élection de Barak Obama qui, bien qu’absent des présentes discussions, a clairement indiqué sa volonté de ramener les États-Unis à la table des négociations dans un contexte multilatéral. Au Canada par contre, le ministre de l’Environnement et député albertain de Calgary-Centre, Jim Prentice, affirmait, avant même son arrivée en Pologne cette semaine, que le Canada ne se soumettra pas à ce qu’il appelle des objectifs « irréalistes ». Il ajoutait également que les objectifs de réductions proposés par la communauté scientifique internationale et d’autres leaders mondiaux seraient dévastateurs pour l’économie du Canada - comme si celle-ci ne reposait que sur la vente du pétrole le plus sale au monde issu des sables bitumineux de l’Alberta.
L’opposition du Canada est particulièrement attristante pour les représentants de pays en développement, qui comptent sur les économies les plus riches mais ne rencontrent aucune solidarité. « Nous avons été très encouragés au cours de ces négociations par l’évolution de la position du gouvernement chinois, mais lorsqu’un pays riche comme le Canada refuse de participer, il est très difficile de maintenir le momemtum », a aussi affirmé Hou Yanli, Directrice du Global Climate Initiative du Fonds mondial pour la nature - Chine.
« Un des pays les plus riches du monde bloque l’avancement des négociations alors que nous souffrons déjà des conséquences dévastatrices des changements climatiques. Les pays industrialisés comme le Canada doivent faire preuve de leadership », a déclaré également Moussa Na Abau Mamouda de l’organisme ENDA Tiers-Monde, de Dakar au Sénégal.
« Quelle déception ! Les Canadiens s’attendent à mieux », affirme finalement Joy Kennedy, de l’Église Unie du Canada. « Nous avons déjà été fiers du leadership du Canada sur la scène internationale, lui qui a déjà fait figure d’autorité morale dans certains moments difficiles. Il est pénible de voir le Canada faire comme si les changements climatiques ne constituaient pas une véritable crise mondiale, et une crise aussi dans notre propre pays, en particulier dans le Grand Nord. Nous ne pouvons pas continuer à traîner de l’arrière et à retarder notre passage à l’action. Nous devrions être en train de proposer de véritables solutions à un problème que nous avons nous-même contribué à créer ».
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Pour information :
info@reseauactionclimat.ca
Références
- Selon un sondage McAllister Opinion Research, rendu public le 4 décembre dernier, 83% des Canadiens ont affirmé s’attendre à ce que le Canada s’engage à agir résolument pour combattre les changements climatiques, et ce sans attendre les autres pays.
www.climateactionnetwork.ca/e/news/2008/cc-poll-2008-12-02.html
- Un autre sondage de GlobeScan International du 9 décembre 2008 effectué auprès d’un millier de représentants des milieux gouvernementaux et des affaires de 115 pays affirme, à une majorité de 73%, qu’il est possible à la fois de s’attaquer aux changements climatiques et de favoriser le développement économique.
www.globescan.com/news_archives/cdms08/
- Jusqu’à présent, le Canada s’est vu décerner 8 Prix Fossiles remis chaque jour par les groupes représentants la société civile internationale en raison de son obstruction aux progrès des négociations de Poznan.
http://fossiloftheday.org/
- Une analyse des performances en matière de lutte aux changements climatiques, rendue publique le 10 décembre 2008 dans le cadre des négociations climatiques, place le Canada avant-dernier (56e sur 57) parmi les plus important émetteurs de gaz à effet de serre au monde.
www.germanwatch.org/ccpi
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