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Kyoto et au-delà
Introduction


Le gouvernement du Canada a publié son « Plan du Canada sur les changements climatiques » le 21 novembre 2002, juste avant le vote de ratification par la Chambre des communes du Protocole de Kyoto. Bien que le plan porte le sous-titre « Respecter nos engagements ensemble », les mesures de réduction des émissions décrites dans le plans ne sont pas à la hauteur de ce qui serait nécessaire pour que le Canada respecte les engagements qu’il a contractés dans le cadre du Protocole de Kyoto.

En septembre 2002, nous avons effectué une analyse des scénarios pour la David Suzuki Foundation et le Réseau Action Climat sur la façon dont le Canada pourrait réduire ses émissions à la moitié des niveaux actuels d’ici 2030, ce qui dépasserait la cible de Kyoto en cours de route. Ce document reste la seule stratégie publiée pour atteindre les engagements pris par le Canada dans le cadre du Protocole de Kyoto : Kyoto et au-delà (format pdf).

Nous avons regardé en diagonale la différence entre les chiffres présentés dans le Plan du Canada sur les changements climatiques du gouvernement (appelé PG dans la présente lettre) et notre rapport « Kyoto and Beyond » (appelé KB dans la présente lettre). Il ne s’agit que d’une comparaison sommaire et le plan du gouvernement continue d’évoluer, mais les différences entre les deux approches et entre les résultats que ces dernières permettent d’atteindre sont tellement grandes que la comparaison reste éclairante. Mises en garde

  • Bien qu’une comparaison détaillée puisse et doive être faite, les méthodes différentes, la grande utilisation du double comptage et le caractère flou des explications dans le plan du gouvernement compliquent les choses. Essentiellement, nous avons commencé avec une représentation d’utilisation finale des émissions canadiennes en 2004 (énergie pour une activité d’utilisation finale X par émissions pour une unité d’activité X, par unité d’énergie par combustible).

    Nous avons ensuite dressé un profil ascendant des émissions en 2012 (et en 2030) en faisant augmenter les niveaux d’activité d’utilisation finale à l’aide de multiplicateurs, qui sont essentiellement ceux qu’utilisent le gouvernement dans ses prévisions énergétiques, pour dresser ensuite un profil des efficacités énergétiques et des parts des combustibles en 2012. Ainsi, bien que cette méthode se fonde sur des niveaux « courants » d’émissions en 2012, qui pourraient être comparés avec le chiffre de 810 mégatonnes pour 2010, nous n’avons pas effectué une projection à pleine échelle des niveaux courants des émissions pour 2012. Autrement dit, notre approche consistait à quantifier les émissions en 2012, tandis que l’approche dugouvernement consistait à quantifier la réduction des émissions par rapport à un niveau futur théorique d’émissions. Cela peut sembler une différence subtile, mais elle rend difficile la comparaison entre les deux ensembles de chiffres.

  • Deuxièmement, notre approche nous force à appliquer une certaine rigueur aux chiffres, ce qui n’est pas nécessairement le cas dans le type « d’analyse de l’écart » que fait le gouvernement. La cible canadienne d’une tonne, par exemple, recoupe d’autres éléments du plan gouvernemental de façons qui ne sont pas précisées. La cible d’une tonne est plutôt modeste si elle peut inclure quoi que ce soit et tout ce qu’un « Canadien moyen » peut faire pour réduire les émissions de l’énergie utilisée dans les résidences et dans les voitures et dans ses activités de production des déchets et de recyclage. Si par ailleurs, la cible d’une tonne exclut les autres réductions des émissions provenant de l’utilisation d’énergie dans les voitures et les résidences qui se retrouvent dans d’autres parties du plan, et doivent par conséquent être atteintes strictement par des changements comportementaux, il est plus ambitieux (particulièrement si la tonne doit être économisée APRÈS les mesures d’efficience dont il est question ailleurs dans le rapport sont mises en oeuvre. Il est beaucoup plus facile de réduire une tonne d’émissions d’une voiture qui consomme beaucoup d’essence que de réduire les émissions d’une voiture économique en carburant).

  • Troisièmement, dans bien des secteurs du plan du gouvernement, les éléments précis sont tellement rares qu’il est difficile de savoir si une option a complètement été omise ou si elle n’a été que sous-estimée. L’exemple le plus éloquent à cet égard est la cogénération d’électricité. D’après notre estimation, et il s’agit d’une constatation universelle des analyses des faibles émissions, l’augmentation de la cogénération est un des éléments qui contribuent le plus à la réduction des émissions. Nous croyons que cet élément est au moins deux fois plus important que toutes les sources d’énergie nouvelle ou renouvelable mises ensemble et qu’il peut apporter une contribution représentant environ la moitié des réductions d’émissions qui peuvent provenir de l’amélioration de l’efficacité énergétique.

    Pourtant, cet élément n’est mentionné qu’à titre anecdotique dans le plan gouvernemental. On pourrait supposer que cet élément est inclus quelque part dans les cibles pour l’industrie, mais les chiffres cumulés n’indiquent pas qu’il y est. En outre, la cogénération n’entraîne pas nécessairement les réductions radicales d’émissions dans le secteur industriel qui produit de l’électricité (ou dans les secteurs commercial, institutionnel ou résidentiel dans le cas de la microgénération). Son incidence réelle se fait sentir dans la réduction du besoin pour ce que nous appelons « l’électricité destinée à alimenter le réseau » dans notre rapport, soit l’électricité que les services publics doivent fournir. Plus la cogénération non liée aux services publics est grande, que le réseau soit branché ou pas, plus la demande d’électricité de réseau est faible et c’est la demande plus faible d’électricité de réseau qui permet de réduire progressivement la production des centrales au charbon et au pétrole qui produisent de fortes émissions, ainsi que celle des centrales nucléaires.

  • Ceci nous amène à une autre omission dans le plan fédéral ; les incidences sur l’alimentation en électricité d’un effort concerté pour améliorer l’efficience de l’utilisation de l’électricité permettent de réduire son utilisation comme combustible de chauffage des bâtiments et d’accélérer l’expansion de la cogénération, non seulement dans les secteurs industriels traditionnels, mais dans les immeubles commerciaux et industriels et éventuellement, même au niveau résidentiel. Il semblerait que le plan fédéral a simplement omis de tenir compte de ce phénomène ou que les améliorations en efficacité énergétique de l’électricité sont tellement modestes, que d’après le plan, ce n’est pas un domaine qu’il vaut la peine d’étudier. Dans tous les cas, si l’efficience électrique et les ressources de cogénération étaient développées au point où elles feraient partie d’un plan rationnel de réduction des émissions, l’incidence ascendante sur le besoin d’électricité provenant d’un réseau central serait très grande. Ce phénomène semble avoir été omis dans le PG.

Lisez le document intégral :

Commentaires sur le Plan du Canada sur les changements climatiques
par Ralph Torrie


Kyoto et au-delà : la voie des faibles émissions vers l'innovation et l'efficience

Les Canadiennes et Canadiens pourront économiser quelque $200 milliards de dollars sur leurs dépenses énergétiques d'ici 2030 si Ottawa atteint et dépasse les objectifs de réduction des gaz à effet de serre en vertu du Protocole de Kyoto. Voilà la conclusion d'une nouvelle étude publiée par la Fondation David Suzuki et par le Réseau d'action face aux changements climatiques.

« C'est une approche directe fondée sur les technologies existantes et sur des mesures d'efficacité techniques pratiques et reconnues », d'affirmer Ralph Torrie, auteur du rapport et l'un des principaux experts canadiens en matière d'énergie renouvelable. « Il inclut la rénovation des édifices, l'utilisation de sources d'énergie alternatives et l'amélioration du transport public. Si nous adoptons ces mesures, le Canada dépasserait le modeste objectif de Kyoto de réduire les émissions de six pour cent de moins que les niveaux de 1990. En fait, il nous met sur la voie de la réduction des émissions de cinquante pour cent. »

L'analyse de M. Torrie décrit comment l'efficience énergétique au Canada est en fait la 'source' la plus importante d'énergie nouvelles - les gains fournissent plus d'énergie nouvelle que toutes les autres sources combinées de 1975 à 1998. Les nouvelles mesures d'efficacité énergétique ont permis de construire de meilleures résidences, d'améliorer les appareils électroménagers et l'équipement de bureau pour la population canadienne sans compter les économies pour le consommateur qui s'élèvent à plus de 50 milliards de dollars depuis 1975.

Kyoto et au-delà examine le rôle de plusieurs secteurs comme le transport et le bâtiment, et il propose des stratégies de réduction des émissions à long terme pour chaque secteur au moyen des technologies existantes et reconnues. Ces stratégies revêtent habituellement deux formes : soit qu'elles réduisent la demande générale pour l'énergie, soit qu'elles remplacent les procédés alimentés au charbon ou au mazout par des technologies à faible émission ou à émission zéro.

Le rapport conclut que ces stratégies pratiques et abordables permettraient de réduire les émissions canadiennes de 50 pour cent d'ici 2030 tout en atteignant les objectifs de Kyoto en 2012. En même temps, le Canada bénéficierait des avantages de l'innovation, de la croissance de l'emploi, d'une plus grande activité économique, d'une réduction de la pollution atmosphérique et du smog et d'une meilleure santé pour toutes et tous.

Points saillants de Kyoto et au-delà : la voie des faibles émissions vers l'innovation et l'efficience

Raisons pour réduire les émissions de moitié d'ici 2030 :

  • Si nous réduisons les émissions par petites quantités (comme l'objectif de six pour cent en vertu de Kyoto), les émissions seront toujours assez élevées pour entraîner une croissance rapide des concentrations des gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

  • Kyoto est une bonne première étape mais nous devons réduire les émissions d'au moins la moitié afin de stabiliser les concentrations dans l'atmosphère.

Comment réduire des moitié les émissions d'ici 2030 :

  • Les modèles d'analyse dans Kyoto et au-delà utilisent des technologies pratiques et disponibles pour expliquer comment réduire les émissions dans plusieurs secteurs de l'économie canadienne. Les stratégies revêtent habituellement deux formes : soit qu'elles réduisent le demande générale pour l'énergie, soit qu'elles remplacent les procédés alimentés au charbon ou au mazout par des technologies à faible émission ou à émission zéro.

  • Ces mesures incluent la rénovation des édifices, l'utilisation de formes d'énergie alternatives, l'amélioration du transport public et des véhicules, des électroménagers et des procédés industriels plus efficaces sur le plan énergétique.


Lisez la sommaire de 16 pages: Kyoto et au-delà

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